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La France adopte définitivement la fin de l'exploitation des hydrocarbures d'ici 2040

AFP
 - 21/12/2017

Le Parlement français a définitivement adopté mardi un projet de loi sur la fin de la recherche et l'exploitation des hydrocarbures en France d'ici à 2040, lourd d'enjeux industriels et environnementaux mais insuffisant pour des ONG et certains politiques.

Pour concrétiser la promesse du président Emmanuel Macron de "sortir la France des énergies fossiles" (pétrole, gaz, charbon...), le projet de loi prévoit de ne plus délivrer de nouveau permis d'exploration d'hydrocarbures, liquides ou gazeux. Et les concessions d'exploitation existantes ne seront pas renouvelées au-delà de 2040.

"La fin des énergies fossiles est en train de s'écrire, et l'Assemblée est en train d'en écrire la première page", s'est félicité le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, après le vote.

"C'est une loi irréversible mais pas brutale", a-t-il souligné, tout en reconnaissant que ce n'est qu'une "première étape" car "ce texte n'aura pas de portée s'il n'est pas assorti d'objectifs de réduction de consommation d'énergies fossiles".

Le président français Emmanuel Macron s'est déclaré "très fier que la France devienne aujourd'hui le premier pays au monde à interdire tout nouveau permis de recherche d'hydrocarbure dès maintenant et toute exploitation d'ici 2040. #KeepItInTheGround#MakeOurPlanetGreatAgain", dans un tweet diffusé en version anglaise plus tard dans la soirée.

L'opposition de droite a cependant dénoncé "une loi qui va affaiblir notre industrie", soulignant que "la production nationale ne correspond qu'à 1% de notre consommation de pétrole"

Au grand dam des ONG écologistes, deux dérogations ont été adoptées. D'une part, la production pourra se poursuivre au-delà de 2040 si l'industriel titulaire d'un permis n'est pas rentré dans ses frais par rapport aux recherches préalables. D'autre part, une autre dérogation a été votée pour permettre la poursuite de l'exploitation du soufre du bassin de Lacq, dans le sud-ouest.

Les Amis de la Terre, Attac France et 350.org ont récemment jugé que "l'Assemblée nationale gâche une opportunité unique".

 

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