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Sécurité routière: les parents, premiers prescripteurs de conduite

PARIS-AFP
 - 08/11/2016

Avant l'auto-école, la conduite s'apprend durant la jeunesse depuis la banquette arrière de la voiture familiale et les comportements des parents sont très souvent reproduits plus tard par leurs enfants, selon une étude publiée lundi.

Pour plus de six jeunes conducteurs sur dix (65%), leurs parents sont les personnes qui ont le plus influencé leur conduite, bien avant le moniteur d'auto-école (25%), révèle cette étude Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroutes.

Pour 35% des personnes interrogées, le père a été la principale influence ; pour 30%, ce fut la mère.

Les comportements illégaux ou inciviques observés dans leur jeunesse sont -consciemment ou non- intégrés et reproduits.

Ainsi, 37% des jeunes conducteurs qui ont vu leur parents conduire en état d'alcoolémie admettent faire de même, alors qu'ils ne sont que 13% à le faire après avoir vu leurs parents rester sobres au volant.

Et 71% de ceux dont les parents prenaient le volant en étant très fatigués disent le faire aussi, contre 29% de ceux dont les parents prenaient en compte leur fatigue.

Ces récurrences se retrouvent dans de très nombreuses situations: insultes à un conducteur, stationnement en double file, non-respect des feux rouges ou des stops, utilisation du clignotant...

Inversement, les bons comportements se transmettent: près de huit jeunes conducteurs sur dix (79%) qui ont vu leurs parents faire des pauses durant un trajet adoptent le même comportement, tout comme 77% de ceux qui les ont vus renoncer à prendre le volant après avoir trop bu.

"Ces corrélations saisissantes posent l'énorme responsabilité des parents qui doivent savoir qu'ils ont un rôle d'exemplarité", souligne Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes.

"Pendant 18 ans, on n'a pas le droit de conduire mais sur la banquette arrière, les enfants sont de vrais magnétoscopes de ce que les parents font", explique à l'AFP le psychologue Jean-Pascal Assailly: "Au-delà des infractions, le style de conduite -nerveux ou apaisé- est transmis par ce +modelage social+. On transmet également un climat: si un enfant entend pendant 18 ans son père ou sa mère râler, dire que les gens conduisent n'importe comment, voilà la vision qu'on lui donne du monde de la route."

"Au volant, les parents s'oublient parfois et laissent transparaître une autre facette d'eux-mêmes", ajoute le professeur de psychiatrie de l'enfant et président de la Fédération nationale des écoles des parents et d'éducateurs, Daniel Marcelli, en soulignant notamment l'importance de la période 6-13 ans où, après "le temps des questions" de la petite enfance, vient "le temps de l'observation où les enfants font la comparaison entre ce qu'ils ont appris et ce qu'ils voient".

Il existe toutefois quelques exceptions. Ainsi, près de la moitié (45%) des jeunes conducteurs dont les parents respectaient les limitations de vitesse avouent ne pas suivre cet exemple.

L'usage du téléphone au volant souffre, lui, d'un effet générationnel: même si leurs parents ne se servaient pas du téléphone en conduisant, 42% des jeunes conducteurs le font malgré tout.

Étude réalisée auprès de 993 jeunes conducteurs âgés de 18 à 25 ans titulaires du permis de conduire, extraits d'un échantillon représentatif de la population française de cette tranche d'âge selon la méthode des quotas, interrogés par internet entre le 18 et le 27 octobre.

 

Photo : ©monkeybusinessimages/Istock.com