Travel routes > La route Napoléon (de Embrun à Grasse)

La route Napoléon (de Embrun à Grasse)

 - 11/05/2015

2015 est l’année de la célébration du bicentenaire du débarquement de Napoléon de l’Ile d’Elbe pour Paris et de la route qui porte son nom. Le tronçon de la route Napoléon entre Embrun et Grasse, le plus sauvage du parcours, constitue l’un des plus beaux itinéraires de France. C’est l’occasion d’approcher la Côte d’Azur depuis les Alpes du Sud sur les pas de l’Empereur.


Embrun –Grasse : 200 km
 

De Embrun à Castellane

 
Quittez Embrun et les rives du lac en passant par St-Vincent-les-Forts pour vous enfoncer par la vallée de la Blanche dans les Préalpes de Digne. Après Seyne, le col de Maure fait communiquer les vallées de la Blanche et du Bès. En été, leurs vallées désertiques produisent une impression saisissante. Plus loin, la descente du col du Labouret vous fournira quelques beaux virages en épingle.
 
Avant ou après être passé à Digne-les-Bains, une route parallèle à la D 900B mène à la réserve géologique de Haute-Provence, la plus grande d’Europe. On y protège les roches, fossiles et paysages qui racontent 300 millions d’années d’histoire de la Terre (site du « Vélodrome »). On y trouve aussi les fossiles de végétaux du primaire et les traces de courants marins sur des fonds aujourd’hui redressés (sites de l’Ichtyosaure et de la Dalle à ammonites). Puis, arrivée à Digne-les-Bains, capitale des « Alpes de la lavande ». La cité vit au coeur de montagnes bleutées, parfumées par cette fleur magique. Quittez la ville, direction Châteauredon, Barrême et Nice. De Digne à Châteauredon, la route bien large offre de grandes courbes rapides. De Châteauredon à Castellane, perpendiculairement aux crêtes abruptes, l’Asse a scié des portes rocheuses qui présentent de belles stratifications parfois verticales. La route Napoléon y entre par la très belle clue de Chabrières et en sort par la clue de Taulanne. Après le col des Leques, la N 85, rebaptisée D 4085, descend en sept grandes épingles vers Castellane.
 
 

De Castellane à Grasse

 
Qu’on arrive par la route Napoléon ou celle du haut Verdon, on est subjugué par le décor grandiose : la différence d’échelle est saisissante entre la petite ville et son Roc, falaise cyclopéenne qui la domine. Castellane s’étend dans un cirque de montagnes, autour de la place Marcel-Sauvaire, centre de l’animation locale, lieu de passage obligé pour celles et ceux qui décideront de s’arrêter, agrémenté de belles arcades, d’une fontaine et de quelques cafés où il fait bon s’attabler en terrasse. La chapelle Notre-Dame-du-Roc est un joli but de promenade (30mn AR), avec une vue d’ensemble sur Castellane. Longez les ruines du bourg féodal de Petra Castellana et de l’église St-André. Au sommet, la chapelle (1 703) domine le Verdon de 180 m. De retour en bas, reprenez la route vers Grasse.
 
Moins de 20 km plus loin, une route à droite invite au tourisme pour aller visiter Bargème, à 10 km. À plus de 1 000 m d’altitude, le plus haut village du Var est surtout l’un des plus beaux de France. De loin, les ruines du château dont les hautes tours blanches, juchées sur un piton rocheux, resplendissent au soleil. Derrière les remparts, les passages et les ruelles vous plongent dans une atmosphère très prenante,
qu’une habile restauration a su préserver.
 
De retour sur la route Napoléon, enchaînez les larges courbes du col de Valferrière jusqu’au hameau d’Escragnolles. Quelques centaines de mètres plus loin, une route part à droite vers le belvédère de Baou Mourine. Laissez votre véhicule au parking de la Colette et poursuivez à pied sur le chemin fléché (marques rouges), comptez 30mn AR, jusqu’à une terrasse d’où s’offre un beau point de vue sur la vallée de la Siagne, le golfe de la Napoule, l’Esterel et les Maures.
 
Encore 12 km et vous arrivez au pas de la Faye, à 984 m d’altitude, avec une vue splendide à l’ouest vers Grasse, le lac de St-Cassien, au sud vers les massifs de l’Esterel et des Maures, le golfe de la Napoule et les îles de Lérins. Une descente et vous arrivez à St-Vallier-de-Thiey, où Napoléon Bonaparte passa le 2 mars 1815. La route n’était alors qu’un chemin muletier. À l’entrée du village, prenez à droite pour rejoindre le Souterroscope de la Baume Obscure. Ce réseau souterrain a été mis en évidence en 1958. Le parcours de 700 m descend à 56 m de profondeur. Après un long corridor, le visiteur découvre dans les neuf salles successives les vastes dômes, des multitudes de stalactites filiformes et les gours cascadants, issus de l’assèchement de petits lacs formés par les rivières souterraines. Après St-Vallier, le col du Pilon offre une nouvelle vue, aussi belle qu’au pas de la Faye, vers Grasse et la Méditerranée.
 
Longez les hauts murs de la maison d’arrêt située sur les hauteurs et arrivez enfin à Grasse, capitale mondiale du parfum. Soyez prévenu : la circulation y est très difficile, surtout en été. La ville propose de parcourir la cité (comptez 1h30) en suivant les écussons en laiton au sol ; des panneaux explicatifs sont apposés sur les façades. Les maisons du vieux Grasse ont la couleur du soleil couchant : ocre rouge, orange, jaune… Bâties d’impressionnantes pierres à bossages ornées de fenêtres géminées à fines colonnettes, la dizaine de maisons médiévales dans le centre historique témoignent d’une époque florissante pour la cité. Les parfumeries Fragonard, Galimard et Molinard sont ouvertes à la visite, dans une atmosphère saturée d’odeurs chaudes et fleuries. Mieux vaut s’y rendre en semaine pour voir de près la fabrication et le conditionnement des eaux de toilette, parfums et savons, en plus des collections de flacons et ustensiles anciens. En saison, Fragonard et Molinard font visiter les champs de fleurs.
 
La route Napoléon s’arrête officiellement à Grasse, mais vous pouvez poursuivre sur les traces de l’Empereur jusqu’au bout. Après une vingtaine de kilomètres sans charme vers Cannes, vous arrivez à la plage de Golfe-Juan, entre Antibes et Juan-les-Pins. C’est là que Napoléon et sa petite armée de 1 100 hommes débarquèrent de l’île d’Elbe avec le brick L’Inconstant et quelques voiliers, le 1er mars 1815. Après avoir gagné Cannes, voulant éviter la voie du Rhône qu’il savait hostile, Napoléon fit prendre la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallée de la Durance, puis Grenoble et la vallée du Rhône. Le 20 mars 1815, au milieu d’une foule enthousiaste, il entra aux Tuileries et reprit le pouvoir.
 
Si le coeur vous en dit, terminez en faisant le tour du cap d’Antibes. La route qui en fait le tour est un parcours délicieux, dans un site où de somptueux hôtels et villas se nichent dans la verdure et les fleurs.
 
 
 
 
INFORMATIONS PRATIQUES
Pour en savoir plus sur le bicentenaire de la route Napoléon : http://www.route-napoleon.com
Réserve géologique de Haute-Provence
Musée-promenade. Digne-les-Bains, tél. : 04 92 36 70 70, www.resgeol04.org.
 
Souterroscope de la Baume obscure
2600 chem. Ste-Anne à St-Vallier-de-Thiey, tél. : 04 93 42 61 63, www.baumeobscure.com. S’équiper de bonnes chaussures et de vêtements chauds. Visite guidée 1h.
 
Parfumeries à Grasse
FragonardRte de Cannes, tél. : 04 93 77 94 30.
Galimard 5 rte de Pégomas, tél. :  04 93 09 20 00, www.galimard.com.

Photo ©F.Guiziou/hemis.fr