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Conduire en Europe : les règles du jeu

 - 19/06/2015

En matière de conduite, l’harmonisation n’est pas tout à fait de mise au sein de l’Union Européenne. Pour éviter toute déconvenue une fois la frontière franchie et rouler serein partout en Europe, voici donc ce qu’il vous faut savoir…

L’Europe compte aujourd’hui 28 États membres. Chacun d’eux possède son propre code de la route. Côté signalisation, rassurez-vous, les différences sont minimes : tous les membres ont signé la Convention de Vienne datée de 1968, laquelle liste l’ensemble des panneaux susceptibles d’être croisés sur les routes du monde entier. Seule la couleur et le dessin peuvent sensiblement différer d’un pays à l’autre. Pour le reste, lisez ce qui suit.


À ne pas oublier avant de partir…

  • Carte d’identité ou passeport en cours de validité.
  • Permis de conduire, lui aussi en cours de validité. Le permis de conduire international (traduit en trois langues minimum, dont l’anglais, l’espagnol et le russe), délivré par la préfecture de votre domicile, n’est pas obligatoire mais il peut s’avérer bien utile en cas de pépin (accident par exemple) pour vous faire comprendre des autorités locales.
  • Certificat d’immatriculation (carte grise) de votre véhicule.
  • Attestation d’assurance. La carte verte internationale n’est pas obligatoire au sein de l’U.E., mais elle est reconnue de tous et vous permet donc d’accélérer le règlement d’un sinistre.
  • Un formulaire de constat amiable.
  • L’indication du pays de provenance sur les plaques minéralogiques. À défaut, il vous faudra acquérir l’autocollant ad-hoc.


Les règles communes (ou presque) avec la France

  • L’âge minimum pour conduire est fixé à 18 ans partout en Europe, à l’exception de l’Irlande et du Royaume-Uni (17 ans). Attention : si vous êtes en conduite accompagnée, il vous est interdit de tenir le volant hors de nos frontières.
  • La conduite se fait à droite dans la plupart des Etats membres sauf à Chypre, en Irlande, à Malte et au Royaume-Uni.
  • La ceinture de sécurité est obligatoire à l’avant comme à l’arrière, y compris pour les passagers d’autocars et de minibus depuis mai 2006. À moto, port du casque impératif pour le pilote et le passager.
  • L’usage du téléphone portable est interdit dans l’ensemble de l’U.E. Les kits mains libres sont toutefois tolérés sauf en Espagne, en Grèce et en Irlande.


Les spécificités locales

  • L’allumage des codes est obligatoire de jour en Autriche, Danemark, Estonie, Finlande, Hongrie, Italie (sur autoroutes et voies rapides), Lettonie, Lituanie (du 01/09 au 31/03), Pologne, Portugal (sur l'IP5), République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède. En France, il est simplement recommandé, notamment hors agglomération, mais obligatoire sur un véhicule neuf.
  • Les autoroutes sont payantes dans de nombreux pays de l’Union : Autriche, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni et Slovaquie. En Autriche, Bulgarie, Hongrie, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Suisse, il vous faudra de surcroît apposer une vignette sur le pare-brise, que vous aurez pris soin d’acheter au poste frontière ou dans une station-service.
  • En Espagne, vous devez circuler avec deux triangles de présignalisation à placer à l’avant et à l’arrière de votre voiture en cas d’immobilisation de celui-ci sur la chaussée. En Allemagne, Autriche, Belgique, France, Italie, Pologne, Portugal et Royaume-Uni, un seul triangle est obligatoire. L’absence de cet équipement peut vous coûter de 15 à 140 € selon les pays.
  • Le gilet réfléchissant répondant à la norme EU 471 est obligatoire en Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie et Portugal. Attention, il doit se trouver dans l’habitacle et non dans le coffre du véhicule. Il faut 1 gilet par occupant du véhicule dans certains pays comme l’Allemagne ou l’Italie ou l’Espagne.
  • Une trousse de 1er secours est requise dans certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche, le Royaume-Uni
  • Vous devez posséder une boîte d’ampoules de rechange si vous circulez au Danemark, en Espagne et en Italie. L’extincteur est obligatoire en Belgique.


Quelles vitesses pour quels pays ?

Voici les limitations de vitesse en vigueur dans les pays de l’U.E. Bon à savoir : certains pays imposent des plafonds plus sévères aux conducteurs novices et/ou si la météo est mauvaise.

  • En agglomération, à l’exception du Royaume-Uni (48 km/h), de la Pologne la nuit (60 km/h) et de la Slovaquie (60 km/h), la limitation est fixée à 50 km/h.
  • Sur les routes à deux voies, les plafonds sont fixés à 80 km/h (Chypre, Danemark, Finlande, Irlande, Malte, Pays-Bas) et 90 km/h (Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie). Quatre exceptions : l’Allemagne (100 km/h), l’Autriche (100 km/h), le Royaume-Uni (96 km/h) et la Suède (70 km/h).
  • Sur les voies rapides, certains pays autorisent des vitesses plus élevées : 90 ou 100 km/h en Suède, 100 km/h en Espagne, Finlande, Irlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie et Slovénie, 110 km/h en Estonie, France, Grèce Hongrie, Italie et République tchèque et 112 km/h au Royaume-Uni.
  • Sur les autoroutes : 100 km/h à Chypre, 110 km/h en Suède, 112 km/h au Royaume-Uni, 120 km/h en Belgique, Bulgarie, Espagne, Finlande, Grèce, Irlande, Pays-Bas et Portugal et enfin 130 km/h en Allemagne (vitesse libre sur certaines portions), Autriche, Danemark, France, Hongrie, Italie (quelques portions limitées à 150 km/h), Lituanie, Luxembourg, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie.

Un dépassement de la vitesse autorisée peut vous coûter de 10 à 3 000 € selon sa gravité et le pays dans lequel l’infraction a eu cours. Les États membres les plus « gourmands » en la matière sont aujourd’hui la Belgique et le Portugal suivis du Danemark et de l’Italie. À noter que la Finlande a inauguré un système d’amende proportionnelle aux revenus. Un « banal » excès de vitesse peut ainsi coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros à un contrevenant dont le compte en banque serait bien garni !


Et en matière d’alcoolémie ?

Parmi les 27 Etats membres, 15, dont la France, ont adopté un seuil à 0.5 g/l de sang. Voici donc les exceptions…
- Tolérance zéro (0 g/l de sang) : Estonie, Hongrie, République tchèque, Roumanie et Slovaquie.
- 0.2 g/l de sang : Pologne et Suède.
- 0.4 g/l de sang : Lituanie.
- 0.5 g/l de sang : Irlande, Chypre.
- 0.8 g/l de sang : Malte et Royaume-Uni.

Quel que soit le pays concerné, un taux d’alcoolémie supérieur aux tolérances coûte de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros d’amende. Une « visite » au tribunal n’est pas exclue…


Que se passe-t-il en cas d’infraction ?

Dans le cas d’une infraction à la vitesse ou à l’alcoolémie, les autorités locales vous demandent le plus souvent de payer sur place pour être certaines que vous acquittiez le montant de l’amende (même chose en France pour les conducteurs étrangers). S’il n’y a pas eu d’interception, deux possibilités : soit les autorités vous poursuivent jusque chez vous via la préfecture – c’est presque toujours le cas pour les infractions commises en Allemagne, Belgique, Italie et Luxembourg – soit elles laissent tomber et vous êtes « sauvé » pour cette fois. Dans tous les cas de figure, il n’y a pas de perte de points sur votre permis de conduire.
En matière de P.V. de stationnement, les risques de poursuite sont faibles dans la mesure où les amendes inférieures à 70 € donnent rarement lieu à des poursuites. Sachez toutefois que pour obliger les étrangers à payer, certains pays n’hésitent pas à envoyer les voitures à la fourrière. Une solution radicale et efficace !


Et en cas de sinistre ?

Votre contrat d’assurance automobile vous couvre théoriquement de la même manière qu’en France. Demandez toutefois à votre compagnie si toutes les garanties s’appliquent sans clause suspensive, on ne sait jamais. En cas d’accident, il vous faudra le déclarer au Bureau national d’assurances automobiles du pays visité (coordonnées au dos de la carte verte), lequel se chargera d’indemniser l’ensemble des victimes avant de se retourner vers la compagnie d’assurances du responsable du sinistre. Attention : quel que soit le sinistre (accident, vandalisme, vol), vous devez impérativement le déclarer à votre assureur dans un délai compris entre 48 heures et 5 jours selon les contrats. À vérifier dans les conditions générales de votre contrat.

Pour plus d’information sur la législation dans les différents pays, voir le site de la Prévention Routière.

 

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