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Quésaco : la zone de congestion, ces péages qui cherchent à réduire les embouteillages

 - 09/10/2021

(ETX Daily Up) - Les péages à l'entrée des centres-villes existent depuis 2003 et pour la première fois aux États-Unis, la ville de New York devrait mettre en place sa propre zone de congestion. Ce type de péage urbain vise à réduire les embouteillages et le nombre de véhicules dans les villes pour pousser les usagers à utiliser les transports en commun. Décryptage.

Le tarif de congestion est un péage pour entrer dans les centres-villes. Aussi appelé "péage urbain", ce dispositif est l'instauration d'une taxe sur les axes où l'encombrement de la circulation atteint des niveaux élevés. Sa mise en place incite les automobilistes à se garer en périphérie pour se rendre dans les centres-villes en transports en commun. 

Avec la rentrée et le retour à la "nouvelle normalité", le trafic s'est intensifié dans les centres-villes. Le péage urbain, bien qu'implanté dans de nombreuses villes en Europe, apparaît à nouveau comme une solution novatrice pour réduire les embouteillages.

Fin août 2021, l'entreprise publique Metropolitan Transportation Authority de l'État de New York et l'administration de Joe Biden ont annoncé le lancement de la tarification de congestion dans le quartier de Manhattan, à la frontière de la 60th Avenue. Une première pour le pays. Initialement prévu début 2021, le projet avait été bloqué par l'administration Trump et sera mis en place début 2022.

Sur la côte Ouest, Los Angeles devrait prochainement lui emboîter le pas, puisqu'une étude a été lancée par l'agence LA Metro en 2019.

Comment ça marche en Europe ?

Les villes européennes ont adopté ce dispositif depuis quelques années, mais ont choisi des fonctionnements disparates. Londres a mis en place le péage urbain en 2003, faisant ainsi de la capitale anglaise la première grande ville au monde à utiliser ce moyen de tarification. Pour circuler dans cette zone en voiture, il est dorénavant obligatoire de s'acquitter de 15 livres (environ 17 euros) pour la journée et ce, sept jours sur sept excepté le 25 décembre. Lorsque les utilisateurs entrent dans la zone tarifée, ils sont avertis par une grande lettre "C" peinte dans un cercle rouge sur la chaussée. C'est à l'usager de régler en ligne le tarif en vigueur, le jour même ou jusqu'à 90 jours en avance.

A Stockholm, les tarifs évoluent selon la journée : le prix du péage urbain varie entre 15 et 35 couronnes suédoises (environ 1,47 euro à 2,95 euros) en basse saison et monte jusqu'à 45 couronnes suédoises (4,4 euros) durant les heures de pointe en haute saison. Les usagers payent grâce aux bornes mises à leur disposition à l'entrée et à la sortie de la zone.

A Milan, en Italie, le fonctionnement s'apparente fortement aux autres grandes villes européennes. Une zone de congestionnommée "Aerea C", est prédéfinie et il faut s'acquitter de 5 euros pour y circuler. 

"Ces programmes sont efficaces pour améliorer les conditions de circulation"

Dans la majorité des cas, des remises sont accordées aux résidents des centres-villes, tout comme pour les véhicules aux retombées environnementales plus positives, tels que les voitures électriques ou hybrides rechargeables. A Londres, les véhicules de plus de neuf places peuvent également obtenir une remise. 

Selon Charles Raux, chercheur au CNRS et au Laboratoire Aménagement Économie Transports (LAET), "ces programmes sont efficaces pour améliorer les conditions de circulation". "Les automobilistes sont sensibles au prix d'usage de la route, le trafic est plus fluide et les effets négatifs de la circulation automobile sur l'environnement sont réduits. La plupart des évaluations socioéconomiques concluent également que ces programmes sont efficients, c'est-à-dire qu'ils améliorent la situation socioéconomique de la collectivité", écrit-il dans un billet de recherche publié sur Hypothèses.

(Crédits photo : olaser / Getty Images )

Louis Bolla