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USA: les ventes de voitures résistent en 2019, mais feux à l'orange

 - 07/01/2020

(AFP) - Après des années record, les ventes de voitures ont décéléré aux Etats-Unis en 2019 mais pourraient se stabiliser en 2020, en raison de l'apaisement des tensions commerciales même si l'élection présidentielle de novembre pourrait inciter des ménages à reporter des achats importants.

Gros pourvoyeur d'emplois industriels, le secteur automobile pourrait être une cible favorite pour le président sortant Donald Trump et le ou la candidat (e) démocrate dans les Etats clés du Midwest, qui abritent les usines de General Motors (GM), Ford et Fiat Chrysler.

Si les trois grands constructeurs ont obtenu récemment une paix sociale avec le puissant syndicat automobile UAW, il n'est pas exclu que la fermeture prévue de certains sites soit relancée.

Environ 17,05 millions de véhicules neufs ont été vendus aux Etats-Unis en 2019, en baisse de 1,3% comparé à 2018, selon les chiffres compilés par le cabinet Autodata Corp et officialisés lundi.

Ce léger recul est toutefois un signal positif sur la solidité de l'économie américaine, affirment de nombreux experts, qui anticipaient une baisse plus importante au vu des nombreuses embûches recensées début 2019: saturation du marché local et tensions commerciales entre les Etats-Unis et ses principaux partenaires -- Union européenne, Chine, Mexique et Canada --.

"Le marché américain reste très solide", estime Charlie Chesbrough, économiste chez Cox Automotive.

- Rabais de 4.6000 dollars -

Les ventes ont été soutenues par des mesures destinées à faciliter l'octroi de crédits sur fond de taux d'intérêt bas, le renouvellement des flottes des entreprises et des agences gouvernementales et de grosses promotions. Les différents rabais ont atteint en moyenne 4.600 dollars, ont calculé les cabinets LMC et J.D Power.

Pour 2020, les experts sont partagés.

Il y en a qui anticipent une stabilisation des ventes parce que le spectre de tarifs douaniers sur les importations mexicaines et européennes semble s'être éloigné.

D'autres, comme Jonathan Smoke, parient sur une nouvelle baisse due à différents facteurs.

Ils sont persuadés que l'année électorale devrait inciter plus d'un Américain à reporter les achats importants après novembre et disent avoir notamment observé que certains consommateurs américains n'ont pas pu honorer des échéances de remboursement de leur prêt auto au quatrième trimestre 2019.

"Les ventes de la marque Jeep ont par exemple chuté en 2019 parce que les taux d'intérêt des crédits auto subprime contractés par les jeunes, clients des modèles Compass, Renegade et Cherokee, se sont envolés", assure Michelle Krebs chez Autotrader.

Comme depuis 2014, les grosses voitures -- camionnettes à plateau et SUV -- ont été plébiscitées en 2019 par les Américains. Elles représentent plus de la moitié des nouvelles immatriculations (69%).

L'érosion des ventes des voitures compactes (berlines et citadines) se poursuit, avec un déclin de 10%, d'après Autodata.

Le 4X4 de ville (SUV) est le véhicule le plus demandé, de sorte qu'il représente un véhicule neuf sur deux vendus aux Etats-Unis, une première, selon Edmunds.com.

Dans l'ensemble, les ventes annuelles de General Motors ont diminué de 2,5% malgré une grève de 40 jours ayant paralysé ses usines américaines, tandis que celles de Ford ont baissé de 3,2%.

Fiat Chrysler, qui est en train de finaliser sa fusion avec le groupe français PSA, a vu ses ventes reculer de 1,4% mais il peut se consoler du fait que son pickup RAM s'est pour la première fois davantage vendu que la Chevrolet Silverado (GM).

La crise de leadership chez Nissan a coupé l'élan du constructeur nippon: les ventes ont dégringolé de près de 10%, alors que celles du rival Toyota n'ont reculé que de 1,8%.

La voiture électrique a encore, elle, beaucoup de chemin à faire en dépit des promesses des constructeurs. Les ventes de véhicules électriques ont certes augmenté de 37% l'an dernier mais à seulement 236.000 unités. Cette hausse est le fait de Tesla, qui a multiplié les augmentations de cadence de sa voiture d'entrée de gamme, le Model 3.

"Il ne faut pas s'attendre à un boom, tout simplement parce que la technologie évolue vite et les consommateurs veulent attendre de voir arriver sur le marché des véhicules avec une autonomie de batterie plus conséquente", estime Charlie Chesbrough.

De plus, "les prix de l'essence à la pompe sont tellement bas qu'ils n'incitent vraiment pas à abandonner les voitures classiques", rappelle-t-il.

(Crédits photo : DmitriMaruta / IStock.com )